Horus Pharma
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Quels changements physiologiques lors d’une grossesse ?

Pas moins de 753 000 bébés sont nés en 2019 en France . Des naissances qui font suite à de nombreux bouleversements physiologiques pour les mamans. Quels sont les changements rencontrés par les femmes en enceintes ?

Une adaptation métabolique et hormonale intense

En période gestationnelle, le métabolisme énergétique et nutritionnel doit s’adapter pour répondre aux besoins de l’embryon puis du fœtus . Lors du 1er trimestre, le métabolisme est principalement anabolique c’est-à-dire que l’organisme met en réserve les lipides dans les tissus maternels pour les utiliser lors du 3ème trimestre2. La tolérance au glucose et la sensibilité insulinique demeurent quant à elles inchangées. Pendant le 2ème et le 3ème trimestre, c’est un métabolisme catabolisant qui domine. L’insuline agit difficilement sur les cellules cibles conduisant à un état de résistance. Ce phénomène favorise la mobilisation des graisses mettant à disposition le « carburant » pour le développement du fœtus2. L’EFSA recommande une augmentation de 70, 260 et 500 kcal/jour pour respectivement le 1er, 2ème et 3ème trimestre. Ces hausses progressives sont nécessaires au développement de la masse grasse de l’utérus et des glandes mammaires.

La grossesse est aussi une période de bouleversement hormonal. L’imprégnation hormonale est responsable de changements physiologiques de l’œil :

  • L’épaisseur de la cornée peut par exemple augmenter4. Ces modifications affectent la sensibilité cornéenne et induisent des altérations dans la réfraction.
  • Les cellules lacrymales altérées, peuvent mener au syndrome de l’œil sec. En découle alors une intolérance aux lentilles de contact pendant quelques semaines4.
  • Il est également possible de voir apparaitre un léger œdème cornéen conduisant une myopie au cours du 3ème trimestre .
  • Les taux d’estrogène, de progestérone et de relaxine entrainent la diminution de la pression intraoculaire4.

Quelles recommandations pour les femmes enceintes ?

Les recommandations en nutriments des femmes enceintes sont majoritairement identiques à la population adulte. Les glucides et les lipides respectent les ANC (apports nutritionnels conseillés) respectivement de 50-55% et 30-35%. Quelques points de vigilance demeurent.
Durant la grossesse et les deux premières années d’allaitement, il est important de surveiller les apports en oméga 3. Des études ont prouvé qu’une supplémentation en cet acide gras polyinsaturé amenait à un meilleur développement cognitif et moteur du bébé5.
Un apport minimal de 10% de protéines durant les deux premiers trimestres de grossesse est nécessaire3. Il permet de compenser le surcoût protéino-énergétique provoqué par la croissance du futur bébé.
L’apport en iode recommandé, fondamental pour la croissance fœtale et le développement neurologique, passe de 160 µg à 200 µg par jour.
La vitamine B9, ou folate, est un facteur clé de la division cellulaire5. L’apport augmente de 600 µg par jour pour les femmes enceintes au lieu de 330 µg pour la population adulte3.

Conseils santé pour bien vivre sa grossesse

En accord avec les recommandations spécifiques pour les femmes enceintes, certains aliments sont donc à privilégier et d’autres à limiter3:

  • Pour un meilleur équilibre oméga 6/oméga 3, il est conseillé de consommer de l’huile de colza ou de l’huile de noix plutôt que de l’huile de tournesol ou de maïs.
  • Pour un meilleur équilibre entre acides gras saturés et insaturés, favoriser la consommation de matières grasses végétales pauvre en acides gras saturés comme l’huile d’olive.
  • Pour la consommation d’iode, utiliser du sel iodé, permet de ne pas se supplémenter3.

Certains micronutriments nécessitent une supplémentation systématique. La vitamine B9 par exemple, est prescrite avant même le début de grossesse pour le développement du système nerveux de l’embryon6. En cas de fatigue après la grossesse, une supplémentation en fer peut être prescrite6.

La pratique d’activités sportives douces comme la natation, la marche ou le yoga associées à une hydratation minimale quotidienne de 2L est préconisée. Enfin, l’alcool et le tabac sont strictement déconseillés6.


1. Insee, Bilan démographique 2019, La fécondité se stabilise en France, Janvier 2020
2. C. Jacovetti, R. Regazzi, Adaptations métaboliques au cours de la grossesse, Médecines des maladies métaboliques, Volume 6, Septembre 2012
3. ANSES, avis de l’ANSES relatif à l’actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les femmes enceintes ou allaitantes, Décembre 2019
4. G. Soubrane, Œil et grossesse, EMC Ophtalmologie, Volume 9, Avril 2012
5. M. Shulkin, n-3 Fatty Acid Supplementation in Mothers, Preterm Infants, and Term Infants and Childhood Psychomotor and Visual Development: A Systematic Review and Meta-Analysis, Mars 2018
6 PNNS, Le guide nutrition pendant et après la grossesse, Septembre 2007

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